Mountain 241, pour la Journée de la poésie

Journée de la poésieLe 21 mars a été proclamé Journée mondiale de la poésie, par la Conférence générale de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, en 1999.

Une jolie façon d’accueillir le printemps, vous ne trouvez pas ?

A cette occasion, je partage avec vous un poème où il est question d’une machine à vapeur et d’amour filial : Mountain 241.

Cette poésie est inédite, vous ne la trouverez dans aucun recueil. Ce n’est pas une œuvre personnelle, mais elle me touche de près.

Mountain 241

Elle avait l’apparence, la grâce d’un félin
La classe d’un grand fauve dans sa carcasse d’airain
Elle avait la grandeur, elle avait la noblesse,
Et semblait sous son poids terrasser la bassesse.
A Paris-la-Villette elle avait son repaire
Et pour veiller sur elle une équipe titulaire.
C’était une Mountain, « les bœufs » comme on disait
Mais plus qu’une montagne elle était un sommet.
Sur la voie de sortie, elle attendait l’heure H
Pour dévorer l’espace, suivie de son panache.
Enfant, j’allais en gare quand j’en avais le droit
Contempler la 241 A 3.
En tête d’un express, la machine à vapeur
Paraissait faire la belle pour ses admirateurs ;
Ce puissant mastodonte, cette masse flamboyante,
Ronronnait assoupie, sereine, indifférente ;
Au rythme saccadé de son gros compresseur
On croyait entendre les batt’ments de son cœur.
Les bielles étaient semblables aux muscles d’un pur-sang
Qui saillent sous la robe quand il prend son élan,
Et par la porte ouverte, découvrant le foyer
On distinguait les flammes de l’énorme brasier.
Au signal de départ la machine se cabrait
La vapeur en nuage de partout l’entourait
La cheminée tonnait, crachait des étincelles,
Puis le train lentement s’ébranlait derrière elle.
Totalement soumise à son mécanicien
Elle allait, conquérante, loin du ciel parisien.
J’avais le coeur bien lourd mais c’est d’un regard fier
Que je suivais au loin la machine de mon père.

Une Mountain – Photo Le Monde-Voyage du 27/05/2011 :

Mountain 241 - Journée de la poésie

Mon père avait écrit ce poème pour un appel à textes du CLEC, le Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots.

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